Budget fédéral, échanges houleux aux Communes

Jeudi 23 avr 2015

Budget fédéral, échanges houleux aux Communes

OTTAWA – Le gouvernement Harper s’est défendu de favoriser les mieux nantis dans son dernier budget, accusant à son tour l’opposition de privilégier des hausses d’impôts et de coûteux programmes.

De vifs échanges ont eu lieu, mercredi aux Communes, où au lendemain du dépôt du budget fédéral, chacun des partis a cherché à défendre sa vision économique en vue du prochain rendez-vous électoral d’octobre prochain.

Néo-démocrates et libéraux ont reproché aux conservateurs d’avoir présenté la veille un volumineux budget de près de 600 pages qui accorde peu de place à l’environnement.

«Aujourd’hui, c’est le Jour de la Terre, a dit le chef du NPD, Thomas Mulcair. Il n’y aucune mention des changements climatiques dans leur budget. Face à cette menace aussi réelle que catastrophique, est-ce que le premier ministre va vraiment laisser ce poids sur le dos de nos petits-enfants»

L’opposition a aussi reproché au gouvernement d’accorder des allègements fiscaux aux plus riches au détriment de la classe moyenne avec des mesures comme le fractionnement du revenu et le CELI dont le plafond des cotisations annuelles sera doublé.

«En augmentant le plafond du Compte d’épargne libre d’impôt, le premier ministre donne encore plus d’argent à ceux qui en ont le moins besoin. (…) À quand un plan qui va aider la classe moyenne», a argué le chef du Parti libéral, Justin Trudeau.

Un sédatif pour l’économie

Le premier ministre Stephen Harper a pour sa part rejeté les attaques de ses adversaires, leur renvoyant plutôt la balle en les accusant de vouloir hausser les impôts.

«L’opposition pense qu’un gros gouvernement qui dépense de l’argent que nous n’avons pas et endette les générations futures va stimuler l’économie. C’est faux, ça va être un sédatif pour l’économie», a renchéri le ministre de la Petite entreprise et du Tourisme, Maxime Bernier.

Il a aussi réagi aux critiques du gouvernement Couillard qui espérait voir plus d’investissements dans les infrastructures de la province et une modification de la formule des transferts en santé.

«Nous avons augmenté le transfert aux provinces. (…) Le Québec reçoit 20 milliards $ en transferts», a soutenu M. Bernier.

À six mois des prochaines élections fédérales, M. Trudeau a laissé entendre qu’il allait dans les prochaines semaines commencer à faire connaître sa «vision» économique pour le pays.«Notre vision, comme je le dis depuis longtemps, est d’investir dans la classe moyenne, d’offrir de l’appui et de la croissance et des emplois qui vont aider», a-t-il dit.

M. Mulcair a pour sa part affirmé que le budget conservateur ne lui enlevait pas de marge de man’uvre pour financer ses propres promesses électorales, faisant valoir qu’il n’a tout simplement «pas les mêmes priorités que Stephen Harper».

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