Employés de l’État, 40 000 départs à la retraite d’ici 2017

Jeudi 23 avr 2015

Employés de l'État, 40 000 départs à la retraite d'ici 2017

QUÉBEC – Le gouvernement estime que 40 000 employés de l’État prendront leur retraite d’ici deux ans dont 10 000 qui partiront sous l’effet des demandes de Québec aux tables de négociations du secteur public.

«On anticipe entre 8 000 et 10 000 départs supplémentaires sur un ou deux ans», a répondu jeudi René Dufresne, directeur de la rémunération globale au Conseil du trésor, à une question du député caquiste André Spénard. Ces départs s’ajouteront aux 15 000 prises de retraites annuelles déjà escomptées par le gouvernement, a précisé M. Dufresne qui participait à l’étude des crédits du Conseil du trésor (CT) pour l’année 2015-2016.

Québec signifie ainsi que 40 000 de ses employés prendront leur retraite d’ici 2017. Les coûts liés aux 10 000 départs supplémentaires seront compensés après 2017 par la diminution anticipée des départs à la retraite, prévoit le Conseil du trésor. «Il y aura moins de départs par la suite», anticipe le président du CT, Martin Coiteux.

Le gouvernement reconnaît ainsi que l’augmentation de l’âge de la retraite de 60 à 62 ans et la hausse des pénalités qui l’accompagne inciteront un plus grand nombre d’employés à prendre leur retraite avant que ces mesures ne s’appliquent. Le député péquiste Alain Therrien a pour sa part noté une augmentation de 24 % des demandes de prises de retraite. «Quelles seront les conséquences sur les services publics’», a demandé M. Therrien.

Subvention

La pénalité de 4 % imposée aux employés qui prennent une retraite anticipée n’est pas suffisante, a expliqué Martin Coiteux. «Nous subventionnons les départs à la retraite hâtifs. La pénalité de 4 % ne couvre pas le coût de chaque départ anticipé», a-t-il affirmé.

Cette subvention est de 3,2 %, soit l’écart entre la pénalité existante de 4 % et celle de 7,2 % que le gouvernement propose d’implanter pour les retraites anticipées. La facture est d’autant plus élevée, dit M. Coiteux, que de nombreux employés, parmi les 15 000 qui partent chaque année, prennent leur retraite avec la pénalité. Cette façon de faire les prive d’une pleine rente.

Cette pénalité de 4 % fut instaurée à la fin des années 1990 par le gouvernement de Lucien Bouchard à l’époque où il poussait les employés de l’État vers la retraite dans sa quête de l’équilibre budgétaire, a signalé le président du CT.

Martin Coiteux a noté que les cotisations au Régime de retraite des employés des organismes publics (RREGOP) avaient doublé depuis 10 ans. «Si on continue, on va payer de plus en plus cher pour les mêmes prestations de retraite», a prévenu M. Coiteux. Le RREGOP est capitalisé à 96 %.

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