Loi sur le tabac, le PQ en demande davantage

Mercredi 06 mai 2015

Loi sur le tabac, le PQ en demande davantage

QUÉBEC – Même s’il salue la volonté du gouvernement Couillard de renforcer la Loi sur le tabac, notamment en bannissant la cigarette des terrasses et en interdisant la vente de produits aromatisés, le Parti québécois (PQ) estime que le projet de loi 44 ne va pas assez loin.

Le porte-parole péquiste en matière de prévention du tabagisme, Jean-François Lisée, a déploré mercredi que la proposition législative ne contienne rien sur l’emballage neutre. Il a expliqué que la confection d’emballages «très colorés et attractifs» était une façon pour l’industrie de «convaincre les jeunes de s’engager dans le tabagisme».

«C’est clair que ce ne sont pas les fumeurs de 60 ans et plus qui sont visés par ça, ce sont les jeunes fumeurs, et on sait qu’ils commencent à fumer à 13, 14 ans, et donc c’est à eux que c’est destiné», a déclaré le député de Rosemont, qui entend déposer un amendement pour «combler cette lacune».

Le PQ proposera également à la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, l’imposition d’un moratoire sur les nouveaux produits du tabac.

«Ça veut dire que s’ils inventent quelque chose de neuf, des bonbons au tabac, de la gomme baloune au tabac, je ne sais trop, ils n’auront pas l’autorisation de le mettre en marché, sauf si un comité du ministère de la Santé donne cette autorisation», a expliqué M. Lisée.

Les propos du Parti québécois sur le projet de loi 44 rejoignent en plusieurs points ceux de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac. Tout en saluant les avancées contenues dans la proposition législative, la Coalition n’a pas manqué de souligner l’absence de mesures portant sur l’emballage neutre.

«La problématique des emballages est cruciale puisque depuis la dernière mouture de la Loi, ceux-ci n’ont cessé d’évoluer pour devenir de plus en plus petits, séduisants et trompeurs, a fait valoir la porte-parole de la Coalition, Geneviève Bois. L’inclusion dans la loi québécoise de restrictions sur l’emballage est nécessaire pour refaire du Québec un leader mondial de la lutte contre le tabac, un statut que nous avons perdu depuis la loi de 2005.»

Vers une hausse de la contrebande’

Sans surprise, le projet de loi présenté mardi a soulevé des critiques au sein de l’industrie du tabac. Dans un communiqué publié mercredi, Imperial Tobacco Canada a fait part de ses réserves vis-à-vis de l’interdiction de vendre des cigarettes mentholées, une mesure qui risque selon elle, d’encourager le commerce illégal du tabac.

«Bien que nous soyons d’accord avec plusieurs des mesures proposées, telles que l’interdiction des produits du tabac aromatisés, à saveur de fruits ou de bonbons, aucune preuve factuelle ne démontre qu’il faille interdire aussi les produits mentholés», a soutenu la vice-présidente des Affaires corporatives et réglementaires chez Imperial Tobacco Canada, Caroline Ferland.

«En interdisant le menthol, nous encouragerons les consommateurs adultes à se tourner vers le marché illicite du tabac, où plus de 35 marques mentholées sont déjà à leur disposition», a-t-elle ajouté.

La Coalition nationale contre le tabac de contrebande (CNCTC), un organisme qui regroupe notamment des associations de détaillants en alimentation et de fabricants de cigarettes, a abondé dans le même sens.

Le sergent à la retraite de la Sûreté du Québec et porte-parole de la CNCTC, Michel Rouillard, a déploré l’absence de mesures dans le projet de loi 44 visant à combattre la contrebande de tabac, et ce, malgré les «très nombreuses représentations» faites par son association auprès du ministère de la Santé.

«Si d’une main on coupe les cigarettes mentholées légalement vendues au Québec et, que de l’autre, on permet aux contrebandiers de continuer à les produire, à les vendre et à faire des profits qui vont dans les poches du crime organisé, on contribue à rendre plus de cigarettes bon marché accessibles à un public qui ne se gênera pas pour en acheter», a déclaré M. Rouillard.