Mai Duong va mieux mais s’inquiète pour les autre patients

Jeudi 07 mai 2015

Mai Duong va mieux mais s'inquiète pour les autre patients

MONTRÉAL – Seulement sept mois après avoir reçu une greffe de sang de cordon, Mai Duong, mère de famille de 35 ans, se porte bien. Toutefois, elle s’inquiète pour les 87 autres patients qui sont en attente d’une greffe de moelle osseuse au Québec.

Mai Duong est une femme transformée. L’été dernier, isolée dans une chambre de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, elle combattait une récidive de la leucémie et attendait désespérément un donneur de cellules souches qui allait lui sauver la vie.

Deux mille personnes d’origine asiatique se sont inscrites au Registre de donneurs de cellules souches d’Héma-Québec. Malheureusement, personne n’était compatible avec elle. Il a fallu puiser dans la banque de sang de cordon pour qu’elle ait sa greffe en octobre dernier. Les premiers mois ont été très difficiles par moments. Elle a dû être hospitalisée deux fois.

«En isolement encore une fois pendant une semaine, puis une autre fois, je suis entrée en urgence», a-t-elle raconté.

Après être resté de longs mois à la maison pour éviter les virus, Mai commence vraiment sa nouvelle vie, mais évite les foules.

«Mais je commence à faire l’épicerie, qui est une grosse sortie pour moi!» dit celle qui a appris à vivre au jour le jour.

«Est-ce que j’aurai la certitude que la leucémie va pas revenir’ Non, mais j’essaie de vivre dans le présent le plus possible», a affirmé la mère de famille.

Elle pense souvent aux 87 personnes qui sont actuellement en attente d’une greffe au Québec. Ce qui l’inquiète, c’est que 13 000 personnes qui ont fait venir la trousse de donneurs potentiels lors de sa campagne ne l’ont pas encore retournée chez Héma-Québec.

«D’après moi, ces personnes-là ont peur tout simplement», a dit croire Mai Duong.

Quand un donneur est compatible avec un receveur, le prélèvement peut se faire dans le bas du dos et sous anesthésie, en salle d’opération. Après deux ou trois jours, les patients sont sur pied et leur moelle se régénère. Cela peut aussi se faire par filtration du sang, de manière très sécuritaire.

La banque internationale vient de dépasser les 25 millions de spécimens. Malgré cela, des patients meurent partout dans le monde, faute de donneur compatible. Ce qui a sauvé Mai Duong, c’est aussi sa fille de cinq ans, qu’elle souhaite voir grandir.

«Le fait d’avoir un enfant, ça motive d’essayer le tout pour le tout et de se battre jusqu’à la dernière cellule», a-t-elle conclu.